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mardi 30 septembre 2014

Avant d'aller dormir - [La critique hebdomadaire]

Aujourd’hui, je vous présente "Avant d’aller dormir", un thriller britannique - français - suédois, réalisé par Rowan Joffe et interprété par Nicole Kidman, Colin Firth et Mark Strong.

Victime d'une agression il y a plusieurs années, Christine Lucas (Nicole Kidman) souffre d’un trouble amnésique atypique : chaque matin, au réveil, elle n'a plus aucun souvenir de sa vie. Elle suit une thérapie avec le docteur Nash (Mark Strong) qui l’encourage chaque jour à se filmer pour enregistrer ses souvenirs. Peu à peu, elle découvre que Ben (Colin Firth), son mari, ne lui dit pas toute la vérité.

Ce film m’a déçu. Pourtant, le postulat de départ est relativement intéressant. L’amnésie dont souffre Christine est un sujet original qui n’a pas été souvent traité au cinéma (je me souviens d’une comédie américaine, dans un tout autre genre, intitulée « amour et amnésie » dans laquelle une jeune femme souffrait de symptômes similaires). Je trouve que ce thriller manque d’éclat. J’aurais préféré une romance dramatique mettant l’accent sur les sentiments et l’amour qui rendrait indissociable le couple malgré la tragédie de la situation. L’idée originale est un prétexte pour développer une histoire à suspense. L’interprétation est correcte mais n’a pas retenu mon attention.

L’histoire débute plusieurs années après l’agression ce qui permet d’installer aussitôt un mystère : qui est l’auteur de l’agression ?, pourquoi ?, que s’est-il passé pendant toutes ces années ? Chaque jour, au réveil, Christine n’a plus aucun souvenir de son passé. Elle vie dans l’inconnu, angoissée, ne sachant pas qui elle est. Elle ne reconnait pas son entourage, qui d’ailleurs se résume à son mari, son psychothérapeute et son amie. Ses angoisses ne font que s’amplifier lorsqu’elle découvre que son mari ne lui dit pas toute la vérité. Il n’est pas très difficile de se douter que la clé du mystère se trouve chez l’un des trois personnages.

Heureusement, un coup de théâtre (suivi par un second) vient pimenter l’histoire. Mais cela ne suffit pas. Détail esthétique, je n’ai pas apprécié le style très coloré des images flash-back, qui donnent selon moi un aspect amateur. Je suis étonné également par le choix de l’affiche du film qui n’est pas révélateur. Christine y apparait élégante et sûre d’elle alors qu’on la voit à maintes reprises apeurée, décoiffée et démaquillée au saut du lit.

Vous l’aurez compris, j’ai été déçu par ce film. J’aurais aimé un thriller plus efficace ou une histoire traitée différemment. Avis aux scénaristes…


mardi 23 septembre 2014

Les recettes du bonheur - [La critique hebdomadaire]

Aujourd'hui, je vous présente "Les recettes du bonheur", une comédie dramatique réalisée par Lasse Hallstrom et interprétée par Helen Murren, Om Purri et Manish Dayal.

Après avoir quitté leur pays natal, Hassan et sa famille s'installe dans un petit village du sud de la France. Ils font l'acquisition d'une propriété et décident d'y ouvrir un restaurant indien. En face, se trouve un restaurant étoilé tenu par Madame Mallory. La propriétaire, une dame exigeante et plutôt austère, ne voit pas d'un très bon oeil l'arrivée de ses nouveaux voisins. Le restaurant indien ne tarde pas à rencontrer le succès, en dépit des coups bas de son concurrent et grâce au formidable talent culinaire d'Hassan. Peu à peu, le jeune cuisinier apprend les techniques françaises et se rapproche de Marguerite, une sous chef du restaurant d’en face. D’abord hostile, Madame Mallory s'incline devant les qualités exceptionnelles du jeune homme et lui propose de travailler avec elle.

Ce film est produit en partie par Steven Spielberg, ce qui généralement est un gage de qualité. Je n'ai pas été déçu. L’histoire est dense, l'interprétation est bonne (Helen Murren, Om Purri), le décor est agréable (le film se déroule principalement dans un charmant village du sud de la France). La durée du film (2 heures) n'est pas excessive, au contraire, j'aurais même souhaité un développement plus long du parcours d’Hassan à Paris. Ce film est un hymne à la tolérance. Il montre comment la cuisine rassemble les gens malgré les différences et comment le mélange de cultures peut être enrichissant. Vous l’avez compris, la gastronomie n’est pas le seul thème du film.

Hassan possède un talent culinaire hors du commun. Marguerite le remarque dès qu’elle déguste les cinq sauces. De même, Madame Mallory découvre les qualités du jeune homme lorsqu’elle goute son pigeon cuisiné pour le ministre (même si sa fierté l’empêche de le reconnaitre). Lorsqu’Hassan lui prépare une omelette, technique de recrutement dont lui a fait part Marguerite, elle ne peut cacher son ravissement. Le père quant à lui, apprécie la cuisine de son fils mais n’est pas sensible à la grande gastronomie française. Les différences entre les deux restaurants sont flagrantes. L’un raffiné, étoilé au guide Michelin, propose une cuisine délicate, dans laquelle chaque produit est ajouté avec parcimonie (de l’avarice de l’âme selon le père d’Hassan). L’autre coloré, bruyant, sert des quantités généreuses. On note l’amour des personnages pour les bons produits et les saveurs. Hassan déclare d’ailleurs qu’il a quitté l’Angleterre parce que les légumes n’avaient pas d’âme.

Le parallèle entre l’incendie du restaurant en Inde et celui du restaurant en France est frappant. Les lieux sont différents, les personnes aussi et pourtant la violence reste la même. « La France aux français » taguée sur le mur du restaurant indien dénote l’intolérance et le racisme de certains individus. Pourtant, les bons sentiments prennent le dessus et la tolérance triomphe. Le jeune homme se rapproche de Marguerite. Madame Mallory se sépare des éléments perturbateurs et recrute Hassan dans son restaurant. Très vite, celui-ci apporte son savoir faire grâce aux fameuses épices familiales et améliore les recettes traditionnelles (notamment celle vieille de 200 ans). Les deux cultures cohabitent et s’enrichissent mutuellement.

Vous connaissez peut-être ces instants déplaisants qui succèdent à une séance de cinéma, ces moments ou vous passez de la fiction à la réalité. Après le film, en apercevant le fastfood situé à proximité, je suis malheureusement redescendu sur terre. J’ai aimé ce film et je vous le recommande délicieusement. Bon appétit !

mardi 16 septembre 2014

Nos étoiles contraires - [La critique hebdomadaire]

Après ma première critique la semaine dernière, je vous propose donc mon avis sur « Nos étoiles contraires ». Ce film est un drame / romance américain réalisé par Josh Boone et interprété par Shailene Woodley et Ansel Elgort.

Hazel Grace (Shailene Woodley) et Gus (Ansel Elgort) sont deux adolescents qui se rencontrent dans un groupe de parole pour malades du cancer. Hazel est une jeune femme atteinte d’un cancer thyroïdien ayant atteint les poumons. Elle doit se déplacer en permanence avec une bouteille d’oxygène. Gus est quant à lui un jeune homme en rémission d’un cancer des os. Il porte une prothèse de la jambe. Les deux adolescents se plaisent et se rapprochent de plus en plus, tandis que la maladie progresse.

Je n'étais pas certain d'avoir envie de voir ce film, par crainte de ne pas supporter la gravité du sujet, même si d’ordinaire je suis plutôt sensible aux histoires dramatiques. Je me suis contenté du synopsis et à la lecture de celui-ci, je m’attendais à plus de profondeur. Peut être aurais-je du visionner la bande annonce avant d'acheter mon ticket. En fait, il ne s’agit pas d’un drame, mais d’une histoire d’amour dramatique. Certes, l’un des thèmes centraux du film est la maladie, un sujet nécessairement plus profond que bien d'autres, mais je trouve le traitement un peu léger voire enfantin. Les deux personnages principaux sont des adolescents et j’ai eu parfois l’impression d’assister à une bluette pour ado avec la maladie en arrière plan. Les musiques choisies devraient d'ailleurs plaire aux ados. Cela reste un film bien réalisé avec une très bonne interprétation (Shailene Woodley).

Dans ce film, on parle d'amour et de courage. Hazel a été diagnostiqué à treize ans d’un cancer et voilà plusieurs années qu’elle se bat contre la maladie. Gus, quant à lui, a été amputé d’une jambe à cause d’un cancer des os et porte une prothèse. Les deux adolescents s'aiment mais la jeune femme hésite à se donner à Gus de peur de le faire souffrir. « Je suis une grenade » dit elle. Pour lui, la vie mérite d'être vécu. La visite de la maison d’Anne Frank montre la détermination d’Hazel qui malgré ses difficultés à gravir les nombreux escaliers, repousse ses limites.

La rencontre avec l'auteur du roman qu'Hazel affectionne tant aurait mérité un dénouement plus enrichissant. Quelle déception pour les deux héros. Mais aussi quelle déception pour moi même et peut être pour beaucoup d'autres spectateurs.

J’ai été un peu déçu par ce film car je m’attendais à tout autre chose à la lecture du synopsis. Cependant, je ne me suis pas ennuyé, la réalisation est bonne et l'interprétation aussi. Je conseille ce film avant tout à un public jeune.

mardi 9 septembre 2014

Maintenant ou jamais - [La critique hebdomadaire]

Je ne pouvais pas rêver mieux comme introduction. Dois-je y voir un signe, ou une simple coïncidence ? Toujours est-il que, après beaucoup d’hésitations, c’est maintenant ou jamais que je dois commencer ce blog. Alors c’est parti.

Je suis donc allé voir "Maintenant ou jamais". Ce film est un drame français réalisé par Serge Frydman et interprété par Leila Bekhti, Nicolas Duvauchelle et Arthur Dupont.

Juliette (Leila Bekhti) et Charles Lesage (Arthur Dupont) s’apprêtent à quitter leur appartement parisien pour emménager dans une maison qu’ils viennent d’acquérir. Malheureusement, Charles est licencié et sa nouvelle situation financière contraint le couple à renoncer à ce projet. Un jour, Juliette est victime d’un vol à l’arraché et le voleur, Manuel, s’enfuit avec son sac à main. Très vite, la police retrouve Manuel et demande à Juliette de procéder à une identification. Au lieu de dénoncer le voleur qu’elle reconnait fort bien, Juliette lui fait cette proposition inattendue : soit il l’aide à cambrioler la banque qui a licencié son mari, soit elle le le dénonce à la police. Les deux voleurs amateurs préparent alors fébrilement leur coup, tandis que Charles constate un comportement différent chez sa femme.

J’ai aimé ce film et je regrette qu’il n’ait pas duré plus longtemps. 1h35, c’est un peu court et j’aurais aimé rester quelques minutes supplémentaires dans la salle obscure. Cela dit, le film est équilibré et la fin n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe.
Il ne s’agit pas du tout d’un film de gendarmes et de voleurs mais plutôt d’un drame social. Si vous souhaitez voir un film de braqueurs de banque, avec cagoule et mitraillette, passez votre chemin. Le rôle principal est tenu par Leila Bekhti et j’ai trouvé l’interprétation des personnages principaux bonne. L’ambiance musicale, et j’y suis souvent sensible, convient très bien, tantôt mélancolique, tantôt captivante pour soutenir le rythme.

On ne sait pas grand chose sur la vie et le passé des personnages. Le couple a deux enfants, le mari vient d'être licencié d'une banque et sa femme donne quelques cours de piano. Quant au voleur, il a passé un peu de temps en prison et n’a pas vu grandir sa fille. Les deux voleurs amateurs sont des voleurs « malgré eux », parce qu’ils en ont besoin. Ils volent parce qu’ils veulent tenir les promesses qu’ils ont faites à leurs enfants. Ils volent parce qu’ils ont des rêves, comme le dit froidement le banquier, au dessus de leurs moyens. Ils volent parce qu’ils en veulent plus. Le besoin financier, l’opportunité, et peut être aussi la vengeance les amène à cette solution peu conventionnelle. Le vol à l’arraché était une première pour Manuel (qui reconnait avoir eu peur au moment de le commettre) et Juliette se connecte sur Internet à la recherche d’informations sur les braquages sans se soucier des historiques conservés par les fournisseurs d’accès (est ce que je suis le seul à y avoir pensé ?). Elle semble un peu perdue tout au long du film. Perdue financièrement, et peut être un peu amoureusement. La relation qui semble se dessiner avec Manuel en est le révélateur.

Le film rappelle la dureté d’un licenciement et du chômage en ces temps de crise économique. La règle du dernier arrivé premier sorti s’applique. Pourtant, j’ai trouvé que le licenciement de Charles était trop vite considéré comme une catastrophe, même s’il s’agit évidemment d’un coup dur. Bien sûr, le propos du film étant d’amener Juliette à commettre un braquage (elle veut prendre à la banque ce qu’elle et son mari lui doivent), il aurait été étonnant qu’elle adopte un comportement plus conquérant suite à ce licenciement.

Les failles de Juliette et de Manuel, (le mari est plutôt effacé tout au long du film) ont probablement contribué à ce que je m’attache aux personnages. Je me suis demandé comment leur histoire allait finir. Mais chut, je ne dirai rien. Je ne regrette pas d’être allé voir ce film et je vous encourage donc à en faire autant.